La Cour des Miracles

Notre président est un fin lettré, il se plait à nous le faire entendre. Voue-t-il un amour particulier à Victor Hugo et à la Cour des Miracles ? Cet endroit qui « était comme un nouveau monde, inconnu, inouï, difforme, reptile, fourmillant, fantastique« . Je le crois. Il aime sans doute jouer à se faire peur. Des cours des Miracles, il y en a à revendre de nos jours en France. Malheureusement pour nous et attention à toi, Manu !

L’endroit que notre président a évoqué existait réellement à Paris à partir du Moyen-Âge et a perduré jusqu’au XVIIe siècle. Il était très mal fréquenté, par des voleurs, des meurtriers et des mendiants, de faux éclopés.

C’était un lieu très peu visité par les bourgeois et la maréchaussée car il s’agit d’une zone de non-droit (sauf la loi de ce milieu) ; c’était un vrai coupe-gorge. La situation dura jusqu’à ce que Louis XIV décide de faire nettoyer soigneusement les lieux et d’en chasser la population particulière qui les occupait (La Reynie, lieutenant général de police à cette époque, s’employa ensuite à réduire les autres centres de délinquance de la ville : des maisons furent rasées et des mendiants envoyés aux galères, marqués au fer rouge (en trente années, il y eut 60 000 mendiants transformés en galériens, ce qui est probablement exagéré). Toutefois, petit à petit, voleurs et mendiants reprirent possession des lieux, tout comme aujourd’hui les ponts de la Seine et la jungle de Calais (ou d’ailleurs) se repeuplent rapidement.

Pourquoi cet endroit se nommait-il « Cour des Miracles » ? Tout simplement en raison des miracles qui s’y produisaient chaque soir ; en effet, lorsqu’ils revenaient dans leur quartier, les mendiants éclopés atteints d’infirmités diverses qui, quelques minutes auparavant imploraient la pitié, se remettaient soudainement à marcher normalement, à recouvrer la vue ou à retrouver un membre encore amputé un peu auparavant.

Où se trouvait la « Cour des Miracles » ? En fait, il en avait plusieurs plusieurs zones de non-droit à Paris (une douzaine), très mal fréquentées mais la plus célèbre : « La Grande cour des Miracles » se trouvait dans l’actuel IIe (deuxième) arrondissement de Paris, entre la rue du Caire et la rue Réaumur.

La plupart des grandes villes de France possédaient au moins une cour des Miracles.

Aujourd’hui, nous avons des cités, des quartiers dans lesquels seuls les habitants osent se rendre mais pas de touristes ni de police. C’est un beau pays, je vous le dis, où tout va de mal en pis.

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2 réflexions sur « La Cour des Miracles »

  1. Les politiques ont cru qu’ il suffisait d’injecter des milliards dans les banlieues pour les assainir, on voit aujourd’hui que la situation n’ a fait qu’ empirer !
    Et puis de nos jours , on se rend compte lors des saisies, que la drogue rapporte énormément d’ argent !
    à mon avis les fameux  » droits de l’ homme  » ne permettent pas de remédier à la situation !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  2. …la cour des miracles, n’existe peut etre plus en tant que telle, mais de petites cours des miracles, fleurissent dans les cité, une honte ces groupements de HLM, au depart on appelait ça des Logeco, et on devait les acheter pour habiter là ! j’ai connu ça dans les années 60, et je me suis enfui des que possible , les architectes sont fautifs, mais surtout ceux qui ont financé ce type de logement , à l’époque c’était encore vivable, mais par la suite tout s’est détraqué, et la drogue est venue tout pervertir ! on dit que la police a peur d’intervenir, mais les policiers avouent ne pas recevoir d’ordres pour intervenir ?? c’est surtout ça le problème, pas de vagues !!

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