Faire le mariole

Faire le ou la mariol(e) avec un ou deux L et avec ou sans E au masculin. faire le ou la mariole c’est faire le malin, l’intéressant, le fanfaron, l’imbécile, se vanter. L’expression connait plusieurs variantes :  Faire le mariol/mariol(l)e, faire la/sa mariol(l)e, jouer au mariol/mariol(l)e et même être mariole.

Peut-être ai-je déjà parlé des marioles mais ces jours-ci, j’en connais au moins un qui fait le mariole, un jeunot né avec une cuillère en argent (même s’il prétend le contraire) et qui connait ce mot populaire qui signifie soit malin, habile, soit fier, bravache. Il sait aussi que ce mot peut être un terme de mépris : imbécile, mauvais plaisant, stupide ou quelquefois avoir un sens plus positif :  affranchi, malin, rusé, roublard, intelligent, qu’on ne trompe pas.

Moi je crois que notre petit malin est vraiment rusé mais qu’il risque malgré tout de tomber de haut lorsqu’il comprendra réellement qu’il ne peut pas tout maîtriser, qu’il a beau manipuler, petit-à-petit le peuple ouvre les yeux et que lorsque la colère est à son paroxysme, il n’y aura plus rien à faire que de fuir.

Les manifestations des Gilets Jaunes auraient dû lui ouvrir les yeux, à lui et ses comparses mais la Cour préfère cacher la vérité et le roitelet ignorer délibérément le bruit. Cette agitation et ces agissements sont méconnus, méprisés. Notre lettré de service devrait se souvenir de ce moment d’Histoire : la révolte des Nu-pieds, un soulèvement populaire qui toucha la Normandie en 1639 à la suite de la décision de Louis XIII d’instaurer la gabelle dans le Cotentin à la place du privilège de quart-bouillon.

Le soulèvement des Nu-Pieds est l’aboutissement d’une succession de troubles qui agitèrent la Normandie pendant plus d’une décennie ; le budget royal était en déficit et la royauté, plutôt que de diminuer ses dépenses, avait recours, pour se financer, à des expédients fiscaux, des augmentations de prélèvements sur le peuple. La Normandie, une des plus riches provinces du royaume, était mise à (forte) contribution. Chaque nouvelle taxe provoquait donc des troubles (à Rouen en 1623, pour protester contre l’obligation d’acheter au fisc les charges de brouettiers, de chiffonniers, en 1628 et 1634 pour protester contre une taxe sur le marquage du cuir…). En décembre 1636, les villes furent soumises à l’emprunt forcé : Rouen dût vendre une partie de son patrimoine immobilier. En janvier 1639, la création d’un emprunt forcé sur les habitants « aisés » les obligea à fournir la liste de leur patrimoine (tiens, tiens, les « aisés », pas les nobles ou notables nantis. En janvier 1639, le gouvernement supprima le privilège de quart-bouillon dont bénéficiait le Cotentin : on faisait bouillir du sable salé et un quart de la production de sel obtenu revenait au roi (qui le revendait avec taxe), les trois quarts restants étaient commercialisés par les producteurs (sans taxe) ; désormais toute la production était soumise à la gabelle et vendue exclusivement dans les greniers à sel royaux pour en faciliter le contrôle, ce qui tripla le prix du sel et ne facilita pas la vie du peuple. (Quel est le résultat de l’augmentation du prix du carburant et qui supporte cette hausse et qui encaisse ?)

Un air de déjà vu, non ?

Je reviens à notre mariole, tout content de la multiplication des listes pour les élections européennes (qui vont lui permettre de garder sa place – croit-il – grâce à la répartition finale des voix) pour chercher l’origine de l’expression signifiant faire l’intéressant pour attirer l’attention.

Les origines ne sont pas véritablement connues et deux versions s’opposent :

  • la première ferait référence à Dominique Gaye-Mariole, soldat de l’armée impériale de Napoléon, appelé « l’Indomptable » car en novembre 1796, au pont d’Arcole, il aurait sauvé le général Bonaparte tombé de son cheval ; dans tous les combats, il fit preuve d’une grande bravoure et aurait salué en présentant les armes avec un canon de quatre pouces, d’une trentaine de kilos à la place d’un fusil, ce qui lui valut le sourire et les félicitations de Napoléon Ier . Ainsi serait née l’expression « Ne fais pas le mariole ».
  • la seconde version est plus probable car l’expression se retrouve dans des textes plus anciens :  au XIIIème siècle, Marie avait de nombreux diminutifs comme « Marion » ou même « Mariolle » et à cette époque, on associait ces surnoms à une personne versatile et certains dérivés comme « mariolet » voulaient dire « jeune freluquet » ; au XVIe siècle , le mot italien mariolo ou marivolu : coquin, filou s’installe en France. 

« Fais pas le mariole » est une formule de mise en garde, de menace, un appel à agir prudemment. On a beau le dire, on n’est pas forcément entendu.

 

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3 réflexions sur « Faire le mariole »

  1. j’ aimais mieux voir Jean-Pierre Marielle faire le mariole que de subir les traîtrises d’ un pauvre type au final, incapable de se gérer !
    Il est exactement comme cet ivrogne voleur de juncker, que tacle les nationalistes qui aiment leur pays alors que lui aiment les gens qui viennent d’ ailleurs !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. On a vraiment un bel exemple du mariole-type avec notre macaron !!!
    J’espère qu’il le fera moins ce soir et qu’il aura une belle déculottée …
    Quoique j’ai bien peur des abstentions dues aux réunions familiales pour la fête des mères …
    On croise les doigts !

     » Bon dimanche et bonne fête à toutes les mamans, présentes ou « absentes », mais toutes dans nos coeurs.
    Et surtout, n’oublions pas d’aller voter : nos ancêtres se sont battus pour que nous ayons ce droit !
    Gros bisoux, toujours dans la douceur et sans pluie … « 

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