Connaître La Réunion

Pour connaître un peu mieux La Réunion, les sites ne manquent pas. Dans mon blog, j’ai souvent parlé de cette île, en restant – je l’espère – au plus près de la réalité, il y a du bon et du mauvais comme partout en France. Pour en apprendre davantage, il suffit de venir nous rendre visite (je vous conseille un séjour entre le 15 novembre et le 15 décembre) pour profiter du soleil sans avoir trop chaud, des fleurs (début des flamboyants) et des fruits.

Avant de venir, ou si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas venir, vous pouvez aussi écouter « Le letchi » qui vous explique ce que les Réunionnais (surtout ceux qui sont en métropole) sont lassés d’entendre : des phrases stupides. Je vous les fais découvrir grâce à la vidéo et j’ajoute un lexique, une traduction à la suite.

  • Tous les Réunionnais ne sont pas noirs : une voisine de ma mère, à Grenoble, quand elle avait vu mes filles n’avait pu s’empêcher de faire la remarque « Elles ne sont pas noires ». « Heureusement », ai-je dit, « mon mari est Chinois ». Les repas de famille et les soirées entre amis sont colorées, comme le dit « le Letchi ».
  • De nombreuses fois, on m’a demandé si je connaissais Pierre, Paul ou Jacques Rivière, Hoarau, Payet ou Fontaine qui habite àSaint… euh, je sais plus… Alors sur 850 000 habitants pas facile de connaitre tout le monde et les saints font le tour de l’île
  • La Réunion est une région d’Outremer, dans l’Océan Indien, pas loin de Madagascar et surtout à côté de l’île Maurice, loin du pacifique et des Antilles.
  • Nous n’avons pas beaucoup de voisins proches contrairement à la Martinique ou la Guadeloupe (de nombreuses îles et les Amérique Nord et Sud pas loin).
  • L’île n’a pas beaucoup de plages destinées à la bronzette et à la baignade.
  • Nous allons travailler, nos enfants vont en classe et pour aller de Saint-Denis à Saint-Gilles, il y a à peine plus de trente kilomètres mais des embouteillages nombreux et importants autour de ces deux points ; si vous ajoutez un cyclone, de fortes pluies ou des grèves…Deux heures de route ne suffisent pas pour parcourir cette distance.
  • Venez en vacances sur l’île même si toutes les filles ne sont pas Miss France, tous nous parlons français et avec un petit effort vous apprendrez quelques mots de créole. Pour maîtriser la langue, il faut vivre ici.
  • Notre créole est différent de celui des Antilles et nous ne nous comprenons pas d’où ma colère lorsque l’Éducation Nationale a créé un CAPES créole unique.
  • Le taux de chômage… Alors là, c’est un gros problème. Il y a beaucoup à dire… Je passe aujourd’hui.

La traduction du texte du Letchi quand il cause kréol. Il dit :

  • mon ti zorey : mon petit Français ; c’est un terme affectueux (quelquefois mais pas toujours, la manière de le dire change tout). On dit que les Français tendaient l’oreille car ils ne comprenaient pas la langue des esclaves. C’est une explication gentille, l’autre plus sanglante rappelle que les esclaves qui se « marronnaient »  (s’échappaient) avaient les oreilles coupées (et un marquage de la fleur de lys à l’épaule).
  • ou connait pas li : tu ne le connais pas  (li, c’est lui ; ou c’est vous).
  • le zafer : le truc, la chose.
  • ti graine, ou moucate la beauté les femmes La Réunion : le jeunot, tu te moques de la beauté des femmes de La Réunion (le moucatage, sport réunionnais) (graines, ce sont les « parties » masculines aussi ; ti graine touffée : avorton)
  • yab : petit blanc des hauts (des générés d’après un reportage télévisé de métropole; ce qui avait fait plaisir aux Réunionnais, vous vous en doutez. Brigitte Bardot n’a fait que continuer dans la même veine de respect envers les locaux ; indigènes m’avait dit, un jour, une collègue  récemment débarquée de métropole, à moi la maman de trois indigènes.)
  • mett out planet gaillard :  faites votre planète « chouette » (gaillard, c’est bien, joli). 
  • totoche ton maman : équivaut à nique ta mère ou à peu près, moins vulgaire.
  • mon case : ma maison ; remarquez ton maman, mon case, ce qui est féminin devient masculin en créole. Le créole réunionnais n’a pas de genre, tout ou presque est masculin sauf… je vais vous dire : la SSEDIC, la CAF et la NPE (zut, ça n’existe plus, c’est Pôle Emploi).
  • Les derniers mots Té ! pèce la moucate : , interjection pour toi, pèce remplace et signifie espèce de, moucate, dans ce cas-là  ce n’est pas moqueur mais c’est plutôt « casse-pied » pour ne pas être grossier.

J’espère que vous avez passé un bon moment à lire une Zoréole et à écouter un vrai Réunionnais, pardon un vrai créole de La Réunion.

 

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