La disparition

Ce soir, la disparition est au programme. Je ne vous parlerai pas de La Disparition, le roman français en lipogramme, écrit par Georges Perec en 1968 et publié en 1969. Originale, cette œuvre ne comporte pas une seule fois la lettre e (pourtant lettre la plus utilisée dans la langue française) sur ses trois-cents pages (nombre variable selon les éditions) mais d’un téléfim, inspiré d’un célèbre fait-divers et intitulé aussi La Disparition. En cette fin de journée froide et humide, j’ai donc regardé la télévision.

Dans une ville, on ne sait pas où, proche de la campagne, un homme, restaurateur (une étoile au Michelin), père de deux enfants, est soupçonné du meurtre de son épouse. Le spectateur ne sait que penser, tout comme les policiers chargés de l’enquête : l’épouse est-elle vraiment morte, est-elle toujours en vie et qui l’aurait tuée ? La police penche pour le mari que tout semble accabler ; moi je privilégie la piste de l’amant. La téléfilm se termine sans que l’affaire soit résolue. Comme à Toulouse, l’affaire Suzanne Viguier ; à ce jour, on ne sait toujours pas ce qu’il est advenu de Suzanne Viguier

La vraie affaire : Suzanne Viguier, une chorégraphe, mère de famille de trente-huit ans, trois enfants de huit à onze ans, a disparu mystérieusement le 27 février 2000 après s’être rendue avec un ami à un tournoi de carte. Jacques Viguier, son mari enseignant de droit, n’a prévenu la police que le 1er mars. Les relations entre les deux époux n’étaient pas au beau fixe au moment de la disparition de l’épouse. Le mari avait des aventures avec certaines de ses étudiantes, le couple faisait chambre à part. L’amant, souvent reçu chez les Viguier, affirme aux enquêteurs avoir déposé Suzanne à 4 h 30 du matin devant chez elle. Le mari affirme avoir entendu sa femme rentrer puis ne plus s’être soucié d’elle.

Le 1er mars, Jacques Viguier va  signaler à la police la disparition inquiétante de sa femme, doublé le même jour par la déclaration de l’amant. La police va perquisitionner le domicile des Viguier et découvrir des éléments qu’elle estime contradictoires avec les dires du mari (le matelas de la chambre d’ami sur lequel Suzanne est supposée avoir passé la nuit, a disparu ; des traces de sang des deux époux  sont relevées dans la maison.

Mis en examen le 11 mai 2000, Jacques Viguier est placé en préventive où il restera neuf mois, clamant sans cesse son innocence. L’amant est persuadé de la culpabilité de son rival. Les enfants et la belle-mère sont, eux, certains de l’innocence de Jacques, les deux sœurs de la disparue ont la certitude de la culpabilité de leur beau-frère.

L’enquête a duré dix ans : le corps de Suzanne n’a jamais été retrouvé. Le mari a repris son poste d’enseignant à la faculté de Toulouse en mai 2001, a été acquitté définitivement en mars 2010, en appel.

Mais où est donc passé Suzanne ?

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2 réflexions sur « La disparition »

  1. je ne connaissais pas cette affaire, c’est vraiment le mystère complet , on ne saura sans doute jamais ? je regrette de pas avoir suivi ce telefilm ! on le repassera sans doute, les emission télé etant si peu variées !! merci pour cette analyse chere Françoise, bisous

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