Vanité(s)

Qu’est-ce que la vanité ? Au singulier, le mot « vanité » a plusieurs sens. Il désigne un défaut humain : l’orgueil ; une personne vaniteuse est satisfaite d’elle-même et étale son plaisir de paraître.
Le mot « vanité » a cependant une autre signification, il vient en effet du mot latin « vanitas » signifiant « vain » c’est-à-dire ce qui est vide, creux, inutile et illusoire. Une « vanité » désigne par conséquent tout ce qui est frivole et insignifiant. De la vanité, nous en avons plus  d’exemples qu’il n’en faut en ce moment rien qu’avec notre président.

La vanité est le caractère de ce qui est vain, ce dont la réalité ou la valeur est illusoire (synonyme : vide, futilité, insignifiance, néant) ou inutile, ce qui ne peut rester que sans effet (synonyme : inanité, inefficacité).

L’extrait ci-après m’a fait penser à quelqu’un. Pas vous ?

«  … il cherchait à tirer des conclusions, bien plus que des idées que je lui exposais. D’ailleurs, chacune de ses paroles était de vanité, et il me parut avoir, comme la plupart de ces hommes, un cerveau d’enfant dominé par des mots de spécialiste. Saura-t-il jamais combien je l’ai goûté, l’excellent sot ! C’était un ingénieur de trente ans, avec une figure confiante d’adolescent, un regard très pur et le charme d’un jeune animal. Tout en lui était énergie. Comme il tenait pour droiture parfaite chacune de ses pensées. Avec quel entrain il méprisait ceux qu’il désapprouvait. Ses certitudes, ses affirmations, son exclusivisme étaient pour moi choses si folles, si dénuées de clairvoyance, qu’il n’aurait jamais pu me blesser.  »

Maurice Barrès, « Le culte du moi. Le jardin de Bérénice » .

Dans le domaine des arts, la vanité est une présentation picturale évoquant la précarité de la vie et l’inanité des occupations humaines.

Jacques de Gheyn le jeune, Vanité (vers 1603).

Une vanité est une représentation allégorique de la mort.

Si le thème est très ancien dans le genre pictural, puisqu’on le trouve déjà chez les antiques, il se constitue comme genre autonome vers 1620, en Hollande, pour se répandre ensuite tout au long du XVIIe siècle en Europe, particulièrement en Flandres et en France. Prisées à l’époque baroque, les vanités vont disparaître au XVIIIe siècle, mais renaitront avec Cézanne

Les objets représentés symbolisent les activités humaines, étude, argent, plaisir, richesse, puissance, mises en regard d’éléments évoquant le temps qui passe trop vite, la fragilité, la destruction, et le triomphe de la mort avec souvent un crâne humain.

Pourquoi ce genre de vanités a-t-l été à la mode à plusieurs reprises ? Parce qu’il est un appel à la modestie indispensable, pour que l’homme prenne conscience de sa fragilité.

Et aujourd’hui ? Le monde est contradictoire : la mort semble un sujet tabou et pourtant sa représentation est banalisée (on peut trouver des têtes de mort un peu partout). Les vanités se retrouvent dans l’art, certaines étant vendues fort cher.

Nous vivons comme si nous étions éternels, rêvant d’être beaux, riches et puissants alors que certains événements récents devraient nous ramener à la sagesse.

Jadis, alors qu’un général romain défilait après une victoire, paradant lors d’une cérémonie de triomphe (souvenez-vous du Capitole et de la Roche Tarpéienne, clic), un esclave se tenait debout derrière lui brandissant une couronne de lauriers au-dessus de sa tête et lui répétant à l’oreille : « Memento mori ! » ce qui signifie : « Souviens-toi que tu es mortel. ». Le général romain était ainsi invité à profiter de ce triomphe mais aussi à se rappeler que sa joie ne pouvait être qu’éphémère et qu’il n’était qu’un homme, appelé à mourir un jour… Voilà de quoi rabaisser le caquet de quelqu’un, aurait dit ma grand-mère.

« Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. » (Ecclésiaste 1,2)

Emmanuel Macron n’a-t-il eu personne, en mai 2017, pour lui rappeler que tout passe ? Heureusement ?

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3 réflexions sur « Vanité(s) »

  1. Il lui faudrait, à lui aussi, quelqu’un qui lui dise « Memento mori » de temps en temps !
    Il est, en effet, un bel exemple de vanité : imbu de sa personne et trop sûr de lui.
    Ce n’est pourtant pas un imbécile et il doit bien se rendre compte qu’il a perdu toute sa crédibilité auprès des français !
    Mais il continue, comme si de rien n’était … sans doute persuadé qu’il va nous faire changer d’avis, le pauvre …

    Bon mercredi, toujours sans neige …
    Bisoux, ma françoise ♥

  2. Je pense qu’ il est préférable pour l’ humain qu’ il ignore le jour de sa mort, et pour le jeune homme qu’ il n’ y pense pas !
    il arrive toujours assez tôt le jour où on n’ a d’ autre choix que d’ y songer.
    Tout est fait d’ ailleurs pour distraire l’ esprit , y compris avec le panem et circenses.
    je cite souvent l’ archange de la lumière qui fut déchu à cause de son orgueil !
    et notre usurpateur a bien besoin de ses talents de comédien, pour ne pas montrer sa rage de constater que des illettrés, fes alcooliques et des fainéants aient vu clair en lui.
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  3. ah oui, c’est vraiment le portrait craché de quelqu’un de très connu, dont nous subissons actuellement les « certitudes » , le vaniteux n’est pourtant pas forcement un imbecile ! jusqu’où ira t il dans son aveuglement ?? nul n’est immortel ! merci pour ce bel exemple chère Françoise, bonne journee bises

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