22 ?

22 juin, c’était hier et enfin c’est enfin l’été, un été vrai : ciel bleu et soleil. C’est bon pour le moral après ce printemps tout pourri avec tant d’eau et de vent. Le 22 juin est le 173e jour de l’année du calendrier grégorien (le 174e en cas d’année bissextile). Plus que 192 jours avant la fin de l’année…

22 !  C’est aussi une expression populaire. « 22, V’la les flics ! » Même quand on n’était pas un voyou, on disait cela chez les prolos. Cette expression qui me semble être tombée en désuétude était utilisée, depuis le XIX° siècle, pour donner l’alerte quand la police approchait.  Pourquoi 22 , là est la véritable question.

Il semble que « 22 » était un terme argotique utilisé par les brigands qui signifiait « surin », « couteau » si vous préférez parce que la lame de leurs couteaux faisait vingt-deux centimètres de long. Quand le guetteur des canailles voyaient arriver la police, il avertissait ses copains en disant « Sortez vos 22, la volaille débarque ! » alors « sortez » ou « planquez » vos 22, ça dépendait de l’humeur ou des occasions. Bon c’est une explication mais il y en a d’autres.

Il parait que le salaire des policiers (le « traitement » puisque ce sont des fonctionnaires) était versé, à une époque, le 22 du mois (jour de la Sainte-Touche) et comme tous les travailleurs le jour de paye, ils se rendaient sans délai au bistrot du coin, à la grande satisfaction du patron qui déclarait : « On est le 22, v’là les flics ! » J’aime bien cette idée, c’était ça la France (d’avant) avec nos « hirondelles » plutôt sympathiques, souriantes et un tantinet « alcoolos » comme tous les Français, la vie n’est pas « cirrhose » qu’on le croit dans la police.

On raconte aussi que, dans les années 1940, les vareuses d’uniformes comportaient onze boutons. Sachant que les patrouilles de police se faisaient deux par deux, il suffit de faire le compte. 11 x 2 = 22, voilà les flics !

Il pourrait aussi s’agir d’une « numérisation » de l’expression populaire, ce juron blasphématoire exprimant la surprise : « vain dieu ! » ou « vingt dieux » ! (vingt, comme le chiffre, par opposition au dieu unique, ce qui est blasphématoire, ou vain faisant le constat qu’on ne peut guère compter sur Dieu,  ce qui est tout aussi blasphématoire).

Une autre origine contestée de cette expression est le vocabulaire, l’argot de l’imprimerie au XIXe siècle : les ouvriers typographes travaillaient dans de grands ateliers où la concentration et le silence était de rigueur afin de diminuer le nombre d’erreurs dans les documents produits. Lorsque le contremaître s’absentait, le bavardage et d’autres échanges plus ou moins vifs démarraient mais dès que l’un des ouvriers le voyait revenir, il criait « 22 ! » pour avertir ses collègues et faire revenir le silence mais encore une fois, pourquoi ce « 22″ ?

En imprimerie, la taille des lettres, qui s’appelle le corps, est désignée par des chiffres. Si les corps 9 et 10 sont des tailles ordinaires, le corps 11 est plus grand (11 qui était appelé le « corps beau »). Le corps 22 était d’une dimension largement supérieure et donc tout désigné pour signifier l’importance hiérarchique du chef d’atelier, il est intéressant de savoir aussi que lorsque c’était le patron qui apparaissait, le signal devenait « 44 ! »

Mais tout ça, ce ne sont que des histoires. Où est la véritable origine de l’expression ? Choisissez celle qui vous plait le plus.

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2 réflexions au sujet de « 22 ? »

  1. Comme c’ était plutôt la racaille qui craignait l’ arrivée des flics, je pencherais pour le surin, dont la lame n’ aurait pas dû dépasser la paume d’ une main !
    Du temps des  » hirondelles « , les gendarmes étaient bien plus sympa, et les  » allez, filez et n’ y revenez plus  » n’ étaient pas rares !
    Mais aujourd’ hui, va causer avec un radar !
    Il fait beau, mais question chaleur, ça commence juste !
    Passe un bon dimanche Françoise
    Bisous

  2. …oui gros dilemme chère Françoise , je penche plutôt pour « vain dieu ! » ou « vingt dieux » vla les flics !! ça se dit moins, bon dimanche et grosses bises

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