ARS

Non je ne parlerai pas d’Ars et de son curé, ce sera pour une autre fois. Il y a deux ans, j’avais écrit ce billet « Dengue/dingue » me demandant ce que nous réserverait l’avenir. Ce mercredi 6 juin 2018, j’ai eu une réponse, ça ne s’arrange pas ; la préfecture de La Réunion vient de communiquer les données relevées du 21 au 27 mai concernant cette épidémie de dengue : 368 nouveaux cas ont été diagnostiqués. en une semaine, soit au total, depuis le début de l’année 2018, quatre-mille-deux-cent-quatre-vingt-douze (4 292) cas signalés.

La dengue, ou « grippe tropicale », est une maladie virale qui sévit principalement dans la zone intertropicale mais qui ne cesse de s’étendre et de gagner de nouvelle zones géographiques, comme le chikungunya (ce truc qui n’existait pas selon des scientifiques en 2005). A l’heure actuelle, deux cinquièmes de la population mondiale (2,5 milliards de personnes) sont exposés à cette maladie. Chaque année, elle contamine, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), quelque cinquante millions de personnes, essentiellement dans des zones tropicales et sub-tropicales où elle fait des milliers de morts mais elle sévit également en Europe depuis 2010.

Le virus responsable de la dengue est transmis à l’homme par la salive du moustique du genre Aedes (principalement Aedes albopictus ou encore le moustique-tigre ou Aedes aegypti), celui-là même qui véhicule aussi le chikungunya.

Ces moustiques piquent dans la journée, à l’extérieur, mais Aedes aegypti  pique aussi à l’intérieur des bâtiments (même si un certain Monsieur Antoine Perrin jurait que les moustiques réunionnais, bien polis, ne rentraient pas dans les maisons) ; leur activité est maximale tôt le matin et en fin d’après-midi. (Si la prose de Jacques Tillier vous plait, vous pouvez aller lire cet éditorial de juin 2007). Depuis Monsieur Perrin, suivant le principe de Peter («Dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence», avec pour corollaire que « avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité»), a été promus : il est devenu Directeur général de la FEHAP (Fédération des Établisseents Hospitaliers et d’Aide à la Personne) depuis le 11 mai 2017.

L’île de la Réunion est sous la menace d’une épidémie de dengue sans précédent. Une alerte vient d’être lancée par l’Organisation mondiale de la Santé. Chaque semaine, la dengue cause environ une trentaine de passages aux urgences et depuis le mois de janvier, elle a même nécessité l’hospitalisation de quatre-vingt-deux (82) personnes (dont 10 pour dengue sévère) contre douze seulement pour l’ensemble de l’année 2017.

Moustique tigre, fléau mondial ….

DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace, 6 juin 2017)

La maladie ne se transmet pas directement d’homme à homme mais un individu infecté aide le moustique à en contaminer d’autres ; il faut absolument éviter la propagation de la maladie.

La Réunion étant une île touristique, cette maladie tropicale peut se propager à d’autres pays, et notamment en France métropolitaine où le moustique-tigre, vecteur de la maladie, est présent. Il faut prendre des précautions en se protégeant des piqûres de moustiques au quotidien. En se préservant de la maladie, on évite de participer au cycle de propagation de la maladie dans son entourage. Il faut se protéger pendant son séjour dans une zone infestée (comme pour le paludisme). Se protéger c’est porter des vêtements couvrants le plus souvent possible, s’enduire et imprégner ses vêtements de répulsif à moustiques et surtout éviter d’entretenir des gites larvaires : soucoupes d’eau sous les plantes par exemple mais aussi bassins d’agrément, abreuvoirs domestiques, etc. En éliminant régulièrement tout ce qui peut contenir de l’eau autour de son habitation, on peut véritablement diminuer les densités de moustiques.

Ce n’est pas parce qu’on a attrapé une fois la dengue que l’on est  immunisé. En effet, il existe quatre espèces différentes de virus de dengue appelées  « sérotypes », et une même personne peut développer la maladie plusieurs fois dans sa vie, si elle est exposée à plusieurs sérotypes.

La dengue « classique » se manifeste 2 à 7 jours après la piqûre infectieuse par l’apparition d’une forte fièvre souvent accompagnée de maux de tête, de nausées, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires et quelquefois d’une éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole. Sous cette forme, la maladie évolue spontanément vers la guérison sans séquelle dans la majorité des cas. Dans environ 20% des cas (le plus souvent chez des enfants de moins de 15 ans), la maladie peut évoluer vers des formes  sévères, voire mortelles (forme hémorragique). A l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement préventif ou curatif de la dengue, ni de vaccin ; il n’y a que des méthodes préventives.

L’épidémie n’épargne aucune zone de l’île de La Réunion en ce moment . Le pire est dans l’ouest, la zone des plages, la plus touristique :

  • Saint-Paul (2 328 cas, soit 55 % des cas déclarés)
  • Le Port (388 cas)
  • Saint-Leu (269 cas)
  • La Possession (273 cas)

Mauvaise nouvelle, plus de trois-cents (300) cas par semaine, ce n’est pas anodin et les mois qui viennent vont s’avérer déterminants : les zones actuellement concernées par la circulation du virus sont les moins sensibles aux baisses de température de l’hiver austral, elles demeurent humides et accueillantes pour l’aedes albopictus. Si, pour l’heure, nous avons eu de la chance par rapport à l’épidémie de chik en 2005, le virus se transmet moins vite en raison d’une moins bonne adaptation du virus à son vecteur moustique, nous en sommes à peu de chose près au même point qu’en 2006, la Réunion ne dispose d’aucun service pérenne et efficace de lutte anti-vectorielle. Les équipes sont incapables d’intervenir aussi vite que nécessaire là où il le faudrait et on compte sur la bonne volonté des pompiers ou de l’armée pour faire le boulot. Il est inadmissible que les responsables de cette carence sanitaire puissent « oublier » cette inconséquence sur leur CV et s’en aller poursuivre tranquillement leur carrière ailleurs.

Le rôle de l’ARS (agence Régionale de Santé) est d’organiser la santé à La Réunion, de la doter d’équipements performants, de préparer la population au pire, afin de l’éviter. Y est-elle parvenue ? Rien n’est moins sûr.

Il ne faut pas oublier de parler de la responsabilité partielle du TCO (Territoire de la Côte Ouest). La collecte des ordures a aggravé la situation : les ramassages d’ordures sont espacés et très aléatoires entre les grèves, les pluies, les retards nombreux sans raison particulière. Les moustiques se multiplient en masse tout comme les rats.

Rats = leptospirose, une autre spécialité tropicale. La maladie se retrouve partout dans le monde, plus souvent en zone tropicale humide ; en France métropolitaine, elle est  peu fréquente (autour de 5 cas par million d’habitants et par an), mais c’est jusqu’à 4 fois plus à La Réunion ou 100 fois plus  en Nouvelle-Calédonie. La leptospirose est une maladie aux graves conséquences, pouvant entraîner la mort. Il est donc recommandé de rester vigilant. En cas de forte fièvre, il faut consulter son médecin traitant afin de se faire dépister et bénéficier au plus vite du traitement adapté.

Depuis le début de l’année 65 cas ont été recensés à La Réunion, alors qu’il n’y avait eu qu’une cinquantaine de cas pour toute l’année 2017.

Que du bonheur sous les tropiques !

Share

3 réflexions au sujet de « ARS »

  1. Saloperies de bestioles !
    C’est quand même incroyable que personne ne se penche vraiment sur le sujet pour essayer d’y trouver, soit un vaccin, soit quelque chose pour immuniser.
    C’est donc à chacun de prendre des précautions … Pfff
    Bon début de semaine, ma françoise
    Encore prévue avec un temps pourri …
    J’entends déjà l’orage qui gronde !
    Bisoux fatigués.

  2. C’ est affolant, et tout devrait être fait pour endiguer cette vague de dengue.
    Je ne suis pas sur qu’ on puisse compter sur la métropole, où nos politiques sont bien trop préoccupés par leur future réélection !
    Ce devrait donc être aux élus locaux de saisir le problème à bras le corps !
    C’ est quand même incroyable qu’ on ne trouve pas de solution !
    Il me semble qu’ existe un vaccin pour chiens et chats concernant la leptospirose, il devrait bien y en avoir un pour les humains !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  3. … une vraie plaie, chikungunya, dengue, tous les ans ça se répète , on ne fait rien, ou presque rien, quand on ne le cache pas carrément, comme à l’ile Maurice , de peur de faire fuir les touristes ! la leptospirose, mon chien est vacciné pour celà, j’ignorais que nous pouvions attraper cette saleté ! les moustiques tigres sont chez nous, jusqu’à présent peu de cas, mais la saison n’est pas encore tres avancée, tout peut arriver, merci pour cette alerte chere Françoise, bonne semaine, bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *