Joli mois de Mai

Joli de mois de Mai. Jolie chanson

joli, joli, joli mois de mai,
même si ça me fait quelque chose,
il faut que je soie content,
c’est la fête du printemps.
Joli, joli, joli mois de mai,
c’est ton premier jour, ça s’arrose.
Je veux voir la vie en rose,

Joli mois de mai avec son muguet et ses grèves aussi. Aujourd’hui que reste-t-il de Mai 68 ?

Cinquante ans après, cette période tourmentée qui a marqué les esprits, les temps ont changé. Selon un sondage (Viavoice pour Libération) 70% des Français estimeraient que Mai 68 a eu un impact plutôt positif sur la société française. Je ne suis pas convaincue du côté positif de l’impact pourtant j’y avais cru mais cette révolution qui rêvait d’abolir la société des classes n’a pas changé le monde en mieux. Certes Mai 68 a fait voler quelques tabous en libérant la société de ses carcans familiaux, religieux, moraux, en émancipant consciences et individus mais elle a produit nombre de dégâts collatéraux. Les idéaux ont vieilli, ils ont été dénaturés : le rêve de fraternité et de solidarité a été recyclé en dictature de la bien-pensance, de l’intolérance au nom du respect des différences, en obligations de cotisations supplémentaires pour le bien-être de chacun. Comme il n’y a plus ni morale, ni vérité commune, tout est devenu multiple, circonstanciel et individuel (il n’y a plus de projet réellement commun, il suffit de constater cette impossibilité d’organiser un défilé commun le 1er mai.

La société a radicalement changé mais pas comme certains intellectuels actuels le pensent. Philippe Artières, directeur du CNRS, organisateur d’une exposition sur mai 68, déclare pompeusement : « Est-ce qu’aujourd’hui les étudiants partagent le quotidien des ouvriers, vont-ils dans les mêmes bistrots, non ! Est-ce qu’ils partagent les mêmes cantines, non ! Est-ce qu’ils ont les mêmes vacances ? Non. Il y a quelque chose qui s’est perdu, très fortement, c’est lié au fait que nous sommes dans des sociétés tertiaires, et que chacun est dans des voies différentes. » Pff ! Faut-il lui expliquer qu’en 1968 les étudiants ne partageaient pas le quotidien des ouvriers, n’allaient pas dans les mêmes cantines, les mêmes bistrots et encore moins en vacances au même endroit car la société était bien cloisonnée et que mai 68 a eu lieu pour faire sauter ces verrous. Ceux qui avaient rêvé, ont été trop naïfs, is ont démoli mais n’ont pas su reconstruire.

En mai 68, nous étions optimistes, nous disions : « Nous voulons être maîtres de notre avenir ». Aujourd’hui, les jeunes disent simplement « On voudrait un avenir », ils sont angoissés  car ils voient bien que c’est « le chacun pour soi » qui règne.

Mai 68 a produit des individus libres, certes mais  fondamentalement seuls. Dans le monde d’aujourd’hui malgré ce que l’on clame, l’autre n’existe plus, le cynisme est de mise au point que s’enthousiasmer,  rêver, dire “c’est beau”, est perçu comme de la naïveté, de la bêtise, de la ringardise.

Paradoxe effrayant du monde actuel où la phobie du totalitarisme débouche sur une pensée totalitaire, où le développement des moyens de communication mène à l’isolement et donne des gens qui ont réellement peur des autres.

A la ville on criait,
ach’tez du muguet,
ça porte bonheur.
J’en ai pris un bouquet
mais ça n’a rien fait,
c’est tous des farceurs.
Joli, joli, joli mois de mai,
avec mon bouquet j’ai l’air dôle.
Y a même des gens qui rigolent

et c’est bien s’il y en a qui rigolent encore.

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Une réflexion au sujet de « Joli mois de Mai »

  1. Je suis de ceux qui pensent que mai 68 a eu de mauvaises conséquences.
    Je trouve que la laïcité peut se montrer pire qu’ une religion, supprime peu à peu le sens du civisme, enferme les individus dans l’ égoïsme.
    La permissivité donne des résultats catastrophiques avec les enfants rois  » fainéants  » le folie des mères porteuses payées pour porter les bébés d’ un autre etc
    Et j’ ai bien remarqué que les cadors de l’ époque 68 sont aujourd’ hui à la place de ceux qu’ ils maudissaient !
    Passe un bon dimanche Françoise
    Bisous

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