La tarentelle

Est-ce le petit voyage à Venise qui a réveillé des souvenirs ? Je ne sais pourquoi me trotte dans la tête une vieille chanson de Julien Clerc, « La tarentelle ».

C’était une des toutes premières chansons de Julien Clerc, injustement oubliée. Il est vrai que c’était la « face B » d’Ivanovitch qui fut un vrai tube. Je dois dire que le troisième titre de ce 45 tours « Sur tes pas » mériterait également d’être exhumé, c’était une chanson qui commençait comme ça :

Je garde le souvenir précieux
De tes joies et de tes rires
Je garderai comme un cadeau
Ma si nouvelle solitude

Ah les souvenirs, j’étais encore au lycée et je vouais une passion à Juju ou plutôt, je m’en suis rendu compte plus tard, à Étienne Roda-Gil. Bref… La chanson la tarentelle fait bien référence à une danse d’origine italienne et me rappelle une autre chanson ,plus « dansante » : « La tarentelle » d’Yves Duteil. Vous en souvenez-vous ?

La tarentelle, selon les croyances, était une danse permettant de guérir un malade souffrant d’une morsure de tarentule. Les connaissances actuelles sur la tarentule nous permettent maintenant de dire qu’il n’était pas question de cette araignée dans la tarentelle.

Si la tarentule est impressionnante, le venin injecté lors de la morsure inflige les mêmes souffrances qu’une piqure de frelon, en revanche, une autre araignée qui peuple la région de Tarente, bien plus petite est plus dangereuse car sa morsure peut provoquer des perturbations physiques et psychologiques. La thérapie de la tarentule par tarentelle pourrait plutôt s’appliquer à la morsure de cette petite teigneuse d’araignée tarentine.

Décidément, mes pensées m’entrainent vers le passé et toujours le lycée. Tarentine… En première, j’avais lu ce poème d’André Chénier :

La jeune Tarentine

Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !
Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine :
Là, l’hymen, les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.
Une clef vigilante a, pour cette journée,
Sous le cèdre enfermé sa robe d’hyménée
Et l’or dont au festin ses bras seront parés
Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
L’enveloppe : étonnée, et loin des matelots,
Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.
Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine !
Son beau corps a roulé sous la vague marine.
Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d’un rocher
Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
Par ses ordres bientôt les belles Néréides
S’élèvent au-dessus des demeures humides,
Le poussent au rivage, et dans ce monument
L’ont, au cap du Zéphyr, déposé mollement ;
Et de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
Et les Nymphes des bois, des sources, des montagnes,
Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil,
Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :
 » Hélas ! chez ton amant tu n’es point ramenée,
Tu n’as point revêtu ta robe d’hyménée,
L’or autour de tes bras n’a point serré de noeuds,
Et le bandeau d’hymen n’orna point tes cheveux. « 

Ces alexandrins qui évoquent la tempête et la mort d’une jeune fille me ramènent à l’île de La Réunion et à son île sœur, l’île Maurice qui sert de décor au roman de Bernardin de Saint-Pierre « Paul et Virginie ».

La mort tragique et prématurée de l’héroïne, Virginie, se produit dans les mêmes circonstances que celle de la jeune Tarentine : un naufrage.

Un vaisseau la portait aux bords de Camarine :
Là, l’hymen, les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.

C’est dit : « les histoires d’amour finissent mal, en général ».

Et je dis ça un jour de Saint Valentin

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2 réflexions au sujet de « La tarentelle »

  1. De belles chansons et merci pour ces partages et rapprochements entre des faits et des chansons.
    Moi, la saint valentin, m’en fous, mais les histoires d’amour ne finissent pas toutes mal ou alors, pour en recommencer une nouvelle qui, elle, sera belle et durera …
    Bon mercredi froid ! (Mais les zamoureux vont pouvoir se réchauffer !) 😉
    Bisoux, ma chère françoise.

  2. une belle chanson de Duteil, qui me semble t’ il reprend ses tournées avec de nouvelles chansons !
    Il y a eu une présentatrice dont j’ ai oublié le nom, qui entre midi présentait le folklore paysan, et qui avait défrayé la chronique avec une histoire de bague, et une photo nue dans play boy !
    IL est vrai que toutes les histoires d’ amour ne finissent pas bien, comme bien des poètes l’ ont écrit, mais il y en, a qui se finissent dans la tendresse
    Bonne Saint Valentin à toi Françoise
    bisous

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