Pas de quartier !

Demain je commencerai à vous parler de Buenos Aires mais en attendant une expression qui me fait penser au voyage que je viens de faire : « Pas de quartier ! »

Alors que j’étais en train de préparer mon premier « billet de voyage », en tentant de découper l’Argentine en provinces (ce qui est la réalité : l’Argentine est une république fédérale organisée en 23 provinces et une cité autonome érigée en district fédéral : Buenos Aires), je revoyais la ville et les quartiers que j’ai visités. Je suis loin d’avoir tout vu, j’ai joué les touristes disciplinés.

Puis, bien sûr, mon esprit s’est baladé et le mot quartier m’a fait penser à ces quartiers d’orange (divisions naturelles du fruit appelées, quand elles sont débarrassées de leur peau, « suprêmes » d’orange), aux quartiers de pommes (découpage artificiel et plus ou moins égal dudit fruit),  quartiers d’été ou d’hiver, quartiers de viande,  quartiers de lune, quartiers de noblesse… J’ai constaté que le mot quartier a détrôné depuis un bon moment le mot « cité » pour parler des « zones sensibles » d’ici ou d’ailleurs, on dit d’ailleurs « quartier sensible » comme si ailleurs les habitants ne l’étaient pas, sensibles.

Mais soyons bien clair, sous des termes politiquement corrects vivent des réalités qui ne sont pas belles. Pourquoi ce besoin de se protéger avec des mots, cette volonté de ne pas regarder la réalité en face ? Un « quartier sensible » est ni plus ni moins une zone de non droit dans laquelle les premières victimes sont les populations qui y vivent et qui n’ont pas les moyens de partir vivre ailleurs. Ces populations sont condamnées à  subir la loi des gangs, des dealers, des extrémistes… Dire clairement la vérité ce n’est pas stigmatiser la population mais au contraire c’est dénoncer l’abandon dans lequel on la laisse, victime de l’immoralité et de l’incurie (la Police a souvent ordre de ne pas y entrer pour ne pas créer de troubles et d’émeutes).

Nous voilà bien ! Mais j’en reviens à mon propos du début, d’où vient donc cette expression que vous avez dû entendre : « Pas  de quartier ! » ?

L’expression « Pas de quartier » est née dans le langage maritime  au XVII° siècle. Elle fait référence au « quartier de sauveté », une partie du bateau où les marins pouvaient se faire soigner en cas d’attaque du navire. Cet espace était considéré comme une zone neutre par l’ensemble des armées navales, une zone où les combats étaient interdits.

Seuls les pirates ne respectaient pas cette règle ; quand ils partaient à l’abordage, ils le faisaient avec la ferme intention de « ne pas faire de quartier », autrement dit en n’épargnant personne et sans faire de prisonnier.

L’expression a donc été longtemps propre à la piraterie mais elle est entrée peu à peu sur la terre ferme, d’abord sur les champs de bataille puis peu à peu dans le langage courant.

Ceci dit les expressions traditionnelles et proverbiales se perdent peu à peu malheureusement, remplacées par de nouvelles moins imagées, franglaises ou carrément américaines et la plupart du temps horripilantes. Que pensez-vous de ces : « ça le fait » (qui m’exaspère), « ça fait du sens » (c’est quoi ce « ça » là ?) ou pire « updater » « from scratch » (une version anglaise de notre «ex nihilo») ou encore de l’abus de ces « un peu » dans les discours « catastrophistes » ou moralisateurs ?

Moi, ça m’énerve.

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4 réflexions au sujet de « Pas de quartier ! »

  1. De nombreuses expressions m’énervent aussi, surtout les anglaises ou américaines, maintenant, elles entrent même dans les pubs !
    Tout comme si leur synonyme français avait moins de poids.
    La marque de voitures qui a la french teutch’, par exemple, avec le guignol qui en fait l’éloge, doublé quelques fois d’un gamin horripilant.
    Ou les cheveux qui vont reprendre du volioum’, les crèmes de biouty et tous les peurfioum’ !!! Grrrr
    Bon, je me calme, y’a pire ailleurs …
    Bon début de semaine, toujours dans l’humidité …
    Bisoux, chère françoise

  2. Bonjour chère Françoise,
    Nos pays sont devenus très anglophile, c’est bien dommage, car le français est une très belle langue.
    Je suis contre, mais c’est comme cela, même à la radio, ce ne sont que des chansons anglaises.
    Merci pour les explications ! Dire la vérité, tu rêves, ce ne sont plus que des mensonges.
    On ne sait plus qui croire.
    Nous vivons dans un drôle de monde.
    Nous avons jusqu’au 31 janvier pour les voeux !
    Je te souhaite une merveilleuse année, très contente de te revoir.
    Bonne semaine, bisous.

  3. il est vrai que bien des politiques et parfois même le maire d’ une ville refusent l’ évidence, à savoir ces quartiers qui deviennent des zones islamistes de non-droit, domaine des gangs et de la drogue.
    Ceux qui le peuvent déménagent, ce qui donne encore plus les mains libres à la racaille.
    En voyage organisé, on évite de montrer la pauvreté, qui rime aussi souvent avec danger.
    Pour le français, j’ en suis à préférer fin de semaine à weekend

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