Espoir encore

Réforme après réforme, lâchetés politiques après lâchetés politiques face à de puissants lobbies syndicaux,  face à des religieux insistants, face à des communautés puissantes et des corporations convaincantes, on en est arrivé là où nous en sommes aujourd’hui avec une croissance à moins de 1,5% (plutôt moins de 1%) et des promesses jamais tenues, un chômage qui baisse miraculeusement à quelques mois de la présidentielle sans doute grâce à des informations truquées. L’économie ne va pas mieux et l’école régresse avec des élèves de plus en plus ignorants de la grammaire, de l’orthographe et du reste : histoire ou géographie…

Ne nous leurrons pas, si nous avons le sentiment que tout va de plus en plus mal pour nous, le capitalisme a de beaux jours devant lui surtout si nous continuons à laisser faire, si nous ne réagissons pas. Le profit, le fric, toujours le fric, rien que le fric.

Le capitalisme ne profite qu’à quelques-uns mais c’est un système qui dure. Pour durer, il a seulement besoin de trouver des travailleurs dociles terrorisés par la mondialisation. Ceux qui ont réfléchi et qui ont tenté de résister, finissent par désespérer, partent ou se suicident. Pour que le système fonctionne, il faut aussi former des consommateurs lobotomisés et avec l’aide de l’État, on y arrive. L’Education Nationale n’est plus un ascenseur social ; elle lâche dans la nature ou dans le système des individus mal formés et surtout de plus en plus incapables de réfléchir tout seuls.

Les réformes successives, surtout les dernières, n’ont qu’un seul but : réduire le budget de l’Education Nationale. Le problème c’est qu’on ne réduit pas là où il faut. Trop d’administratifs et au final peu d’enseignants SUR LE TERRAIN.

Les « avancées » n’ont strictement aucun autre objectif que de diminuer les dépenses de l’Education Nationale. Les activités périscolaires, les aménagements du temps de travail ? Pipeau ! Les élèves sont plus fatigués avec les nouveaux rythmes scolaires et l’école devient de plus en plus payante. Les enfants sont à la rue et ne bénéficient d’aucun soutien dans les zones les plus défavorisées. Il suffit de savoir comment la réforme fonctionne à La Réunion et dans certains villages de la France profonde : les écoles ferment à 14h45 et il n’y a rien après car les mairies n’ont pas les moyens.

Heureusement qu’il y a encore de bonnes volontés : des parents actifs, quelques retraités et des profs, des instits entrés en résistance mais nous nous éloignons de plus en plus de l’école égalitaire de Jules Ferry,. Adieu l’ascenseur social !

Les professeurs qui se rebiffent, qui parlent, qui renâclent obéir aux directives plus ou moins farfelues du ministère constituent désormais la communauté des parias de l’Education nationale. Ils sont mal vus, mal notés par la hiérarchie, stagnent au niveau salaire et, il leur arrive de devoir affronter des parents eux-mêmes victimes de l’idéologie actuelle. Oui des parents les agressent parce que ces enseignants ringards osent exiger du travail, des devoirs rendus à l’heure et même, horreur, ils exigent d’apprendre des leçons et même des poésies « par cœur ».

Quelques enseignants, un peu illuminés, continuent à donner des devoirs et des notes… Certains « professeurs des écoles » (qui sont restés des instits dans leur tête) font toujours de la grammaire, de l’orthographe, des conjugaisons et de la lecture au lieu de faire « l’observation réfléchie de la langue dans une progression spiralaire » , « de la remédiation orthographique » ou de ces « ateliers de négociation orthographique ». Ils ont tenté d’inculquer des repères chronologiques en Histoire, fait en douce des mathématiques pas « modernes », joué au foot avec des ballons et pas des « référentiels bondissants ». C’est grâce à eux qu’un peu d’instruction est encore dispensée. Et pour les plus chanceux des élèves, il y a des parents qui s’inquiètent, qui aident, qui instruisent. Ce n’est donc plus l’école égalitaire, l’école de la chance.

Oui, tout ira mieux si la résistance s’organise.

On finit en chanson, d’accord ?

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2 réflexions sur « Espoir encore »

  1. Assister le plus possible, et récupérer le peu qu’ on distribue dans de la consommation inutile, mais objet d’ une pub forcenée !
    Quand aux récalcitrants qui travaillent encore, il faut les taxer au maximum.
    Et tu as raison, tout commence par l’ éducation nationale, où l’ état tente de récupérer l’ éducation, en lâchant l’ enseignement, l’ objectif étant de faire de bons petits socialistes lobotomisés.
    Et puis creuser les différences, ceux qui peuvent se payer l’ école privée, et ceux qui ne le peuvent pas.
    Passe un bon dimanche Françoise
    Bisous

  2. Il faut garder l’espoir, tu as raison, sinon on deviendrait fou !
    J’espère surtout que tout ça va changer et qu’ils vont cesser de réformer l’école qui est quand même le tremplin pour les élites de demain.
    Nos jeunes sont les porteurs de nos espoirs et il ne faudrait pas qu’ils soient avilis dès le départ.
    Je le sent mal mais j’essaie encore d’y croire.
    Bon dimanche … gris foncé.
    Bisoux, françoise

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