Occis-morts

Occis-morts. Non je n’ai pas les idées noires, encore que… mais des mots me trottent dans ma tête : occis-morts. Oui quand on a été occis, on est mort et ceux qui ont voulu occire, qui ont tué délibérément devraient à leur tour être occis et morts pourtant ça ne se fait pas, ça ne se dit pas, il faut juger les gens et les condamner à ce qu’on veut mais pas la peine capitale. Et pourquoi donc ? Par humanité ? Pff… Je laisse les occis-morts pour évoquer les OXYMORES. Je me retrouve… J’aime les mots.

La première fois que j’ai vu le mot « oxymore », j’ai pensé aux oxyures.

L’oxyure, du grecoxus : aigu et oura : queue, est un parasite du tube digestif (intestin grêle et gros intestin, rectum et anus) se présentant sous la forme d’un ver appartenant à la famille des ascarides d’une longueur de 4 à 9 mm selon le sexe. Ces vers ressemblent à de petits filaments blancs. Les enfants essentiellement sont contaminés, ils se plaignent de démangeaisons (qui les obligent à se gratter autour de l’anus). Ce prurit de l’anus apparaît soit de manière vespérale (la plupart du temps), soit de manière nocturne.

Je reviens à l’oxymore (du grec oxus, aigu et moros, sot,fou) est  bien vivant encore, chez les politiques en particulier. Vous avez tous entendu : la force tranquille, le changement dans la continuité, le passé vivant, développement durable, capitalisme à visage humain, démocratisation du luxe, voiture ou une guerre propre… Toutes ces expressions, ce sont des oxymores. L’oxymore est le rapprochement de deux termes dont le sens est apparemment contradictoire.

Moi, je les préfère plus littéraires, ceux de Charles Baudelaire en particulier : Les soleils mouillés / De ces ciels brouillés », Charles Baudelaire, L’Invitation au voyage, la carcasse superbe de La charogne, ou encore « Je serai ton cercueil, aimable pestilence » et encore « La clarté sombre des réverbères » des « Paradis artificiels ». Le titre de ce recueil de poésies Les Fleurs du mal est lui-même un oxymore : fleurs/mal.

Au choix vous avez aussi :

  • Molière dans son Malade Imaginaire « jeune vieillard.
  • Le Cid de Corneille voit une « obscure clarté »,
  • Une « flamme si noire » pourJean Racine, Phèdre.
  • La Fontaine dit que sa tortue « se hâte avec lenteur ».
  • Candide de Voltaire assiste à une « boucherie héroïque ».
  • Le « soleil noir de la mélancolie » se trouve chez Gérard de Nerval, El Desdichado.
  • Le Colonel Chabert de Balzac est confronté à « une sublime horreur ».
  • Victor Hugo adore des « nains géants » et « le  frais clair-obscur du soir charmant qui tombe ».
  • « La belle figure laide (du Petit Chose) sourit tristement » sous la plume d’Alphonse Daudet.
  • Pour Arthur Rimbaud, il existe des « splendeurs invisibles » et des « tendresses bestiales »
  • Pierre Desproges évoque des « fous normaux ».
  • le « bordel organisé » pas celui dont j’ai toujours rêvé d’être la tenancière, mais la pagaille qui semble tout envahir, vous la connaissez cette accumulation de papiers administratifs, prospectus, mails, spams dans laquelle vous arrivez quand même à vous retrouver.

« Un merveilleux malheur » (oxymore encore) est le titre d’un livre dans lequel Boris Cyrulnik montre comment certains enfants arrivent à se sortir des pires difficultés et deviennent des adultes combatifs et heureux. Voilà qui m’a fait penser à Patrick Bourdet, PDG du groupe français Areva Med, dont l’enfance s’est passée dans le dénuement le plus total : père suicidé, mère alcoolique, cabane dans les bois, et un CAP pour unique diplôme de départ. Enfin un livre pour encourager les autres : « Rien n’est joué d’avance« .

Belle leçon à retenir, pour peu qu’on fasse des efforts et qu’on réfléchisse.

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2 réflexions sur « Occis-morts »

  1. Joliment écrit, en poésie on les utilise, une figure de style…
    Il fallait y penser..
    Content de venir relire ton blog,
    Quelques soucis personnels m’ont pris énormément de temps et m’ont limité qu’à l’écriture
    Bon et doux weekend
    TIMILO

  2. J’ ai toujours pensé que celui qui donne la mort est pour la mort, et qu’ il serait donc logique d’ appliquer la peine de mort à qui la donne !
    En parcourant ces oxymores, je me suis dit qu’ en fait chacun révèle un peu la personnalité de son auteur !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

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