Le blues de la Finlande

Le blues de la Finlande, ce n’est pas le mien (qui vais bientôt repartir) mais celui qui attaque une partie de la population pendant les mois d’hiver. Quand je suis allée en Finlande en février 2008, je n’ai pas vraiment constaté le phénomène de nuit éternelle pas plus que cet été je n’ai vu le soleil de minuit. Il faut bien choisir ses dates de voyage pour avoir des jours sans soleil (une journée noire) ou des jours sans nuit (une nuit blanche). Le soleil de minuit c’est surtout en juin ; les jours sans soleil en décembre. Selon l’endroit où l’on se trouve, les dates varient un peu. 

Le jour polaire est difficile à supporter, difficile de dormir quand il ne fait pas nuit mais la nuit polaire me semble encore plus pénible. Imaginez un peu.

Si le jour se lève à huit heures et quart (8:15) pour se coucher à quinze heures cinquante (15:50), ce qui correspond à peu près à une journée de novembre à Helsinki vous avez droit à une journée de sept heures trente cinq minutes ; c’est peu.

Imaginez le mois de décembre : vingt-sept heures de soleil en un mois, moins de une heure par jour ! Vos seules lumières seront les néons, les écrans de téléphone, de tablette ou d’ordinateur.

Comment survivre dans le noir ? Moi, je n’ose pas imaginer. Une semaine de vacances oui, pourquoi pas mais passer une saison blanche dans le noir chaque année, j’aurais beaucoup de mal. Comment les autochtones ne fuient-ils pas aujourd’hui ? Leur horloge interne est-elle programmée spécifiquement pour ces régions ? Même si les cocotiers ne m’attirent plus guère aujourd’hui, je ne pourrais pas me passer de soleil trop longtemps, il me faut au moins la lumière du jour même si le ciel est gris. L’hiver idéal en France, c’est neige, froid et ciel bleu mais ça, ce n’est pas gagné partout. Aujourd’hui, dès qu’il y a de la neige dans notre pays, c’est gadoue, embouteillages, désordre en tous genres. (C’était mieux avant… Et pourtant on a adopté le principe de sécurité, on « prévisionne » à tout-va mais on ne prévoit rien pour la gestion des « événements climatiques ».)

Je reviens à la Finlande. Voilà nos amis du Nord dans le noir, pendant des mois quand l’hiver arrive. N’ont-ils pas envie de fuir leur charmant pays pour des terres moins hostiles au soleil ? Je pense qu’ils doivent y penser de temps en temps même s’ils ne veulent pas l’avouer.

En France, novembre me donne déjà le blues : les jours raccourcissent, les impôts tombent, il y la Toussaint et le jour des morts. Imaginez la Finlande : la diminution de la luminosité, la grisaille, la baisse des températures, c’est la dépression saisonnière, le blues de l’hiver avec un moral à zéro, des fringales régulières, le besoin ou l’envie de dormir beaucoup plus que d’habitude voire même plus que nécessaire. Les microbes profitent en général de cette période d’affaiblissement, physique et moral, pour attaquer.

La responsable de cette dépression saisonnière est la mélatonine, une hormone sécrétée par notre corps en fonction de notre exposition au soleil. Des médicaments et des soins tels que des séances de luminothérapie ou de photothérapie (sources de lumière artificielle) permettent de lutter contre la dépression mais rien ne vaut le bon vieux Soleil.

Quand le printemps arrivera, quand le soleil brillera à nouveau, la dépression saisonnière disparaîtra mais on se fatiguera plus à cause du jour polaire, ces jours sans nuit, ce soleil de minuit.

Oui, le jour polaire est difficile à supporter, difficile de dormir quand il ne fait pas nuit. Essayez donc !

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2 réflexions sur « Le blues de la Finlande »

  1. il se peut aussi qu’ au fil des générations, les habitants aient développé une accoutumance.
    Je suppose qu’ ils se sont organisé en fonction des saisons, il faut bien que l’ économie tourne !
    Par contre, je ne suis pas sur que les touristes puissent s’ adapter aussi facilement !
    On a peut être là l’ explication des finnois taciturnes d’ habitude, et déjantés à l’ occasion !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

  2. j’ai trouvé la même chose en Islande : le soleil à minuit, deux heures du matin, une drôle de lumière. L’hiver, c’est surement moins drôle !

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