Valladolid

J’apprécie beaucoup, Voltaire. Aujourd’hui, je le citerai à nouveau mais je crains que certains ne soient un peu … surpris par ses mots. N’oubliez pas que c’était le XVIII° siècle et que la morale change, évolue.  Si vous voulez lire ou relire le “traité sur la tolérance, la prière à Dieu”, cliquez ICI. 

Bon nombre de Français sont persuadés que Voltaire était un modèle de tolérance, qu’il était anti-esclavagiste, pour preuve on avance toujours un texte qui exprime sa compassion pour l’esclave du Surinam. Or, notre philosophe était aussi hypocrite comme beaucoup de gens le sont ; l’argent, le profit font souvent oublier la morale. En effet, Voltaire a spéculé, en association avec des armateurs nantais et la compagnie des Indes, dans les opérations de traite d’esclaves. Il a écrit quelques textes plus longs que le “Traité sur la tolérance”,  regroupés dans l'”Essai sur les Mœurs et l’esprit des Nations” en1756 pour justifier ses actes, le commerce négrier : “Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir.”

Ce qui m’amène à Valladolid. Connaissez-vous la controverse de Valladolid ?

Je vous résume cette histoire : au XVI° siècle, soixante ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Collomb, Charles Quint règne sur l’Espagne. Des voix se font entendre pour condamner les exactions commises sur les Indiens. Le roi décide de faire débattre sur la question fondamentale : les indigènes indiens d’Amérique, colonisés, ont-ils une âme, autrement dit : sont-ils des hommes ?

De la réponse dépendra l’arrêt ou non de l’esclavage dont ils sont victimes. Certains disent que l’humanité des Indiens, l’existence de leur âme, ne constitue pas l’objet du débat mais le verdict dépend de la conscience morale de l’époque et des enjeux économiques. L’Eglise accepte l’accession des indiens au statut d’être humain, pourtant l’issue de cette controverse légitimera l’esclavage des noirs, il faut bien continuer à exploiter les nouveaux territoires.

L’ordre social nécessite des… sacrifices. Chacun à sa place.

Etes-vous choqués  ? Mais qu’est-ce que la délocalisation aujourd’hui ? Délocaliser, c’est faire travailler pour pas grand chose ou trois fois rien des populations lointaines. Délocaliser c’est perpétuer l’esclavage : les travailleurs lointains et les travailleurs nationaux paupérisés, précarisés. Les esclaves n’étaient pas payés du tout, d’où des coûts de production réduits.

Mais au fait, pourquoi faire fabriquer pas cher, pourquoi ?  Pour augmenter les profits des capitalistes mais aussi, ne fermez pas les yeux : pour que vous puissiez acheter pas trop cher. Vous avez bien cerné le problème, non ?

Consommez différemment. La multiplication des intermédiaires : transporteurs, revendeurs augmente le prix. Il faut simplifier, alléger, c’est comme cela qu’il va falloir fonctionner et surtout il faut cesser de penser “fric et profit maximum.”

Il faut changer les mentalités mais ça, ce n’est pas facile. Une éducation à refaire ou à faire.

 

 

 

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2 réflexions sur « Valladolid »

  1. Les mentalités ont évolué, mais il est exact que l’ esclavage est toujours de rigueur, sous une autre forme certes, mais on exploite toujours l’ humain, même les enfants !
    Le capitalisme a pour base, les banques et les grands consortiums, dont le but est de gagner beaucoup d’ argent, et tout est bon pour y parvenir, même de vendre des posions, ou des médicaments dangereux.
    C’ est pourquoi je suis pour la souveraineté de la France et une forte indépendance agricole et industrielle !
    Merci pour l’ explication de ce ” valladolid ” que je ne connaissais pas.
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. L’homme reste un loup pour l’homme… car le coeur de l’homme est tortueux et mauvais par-dessus tout….

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