À propos de… liaisons

À propos de…liaisons et surtout de la langue française. Bien que François Ier ait décrété en 1539, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, que le français serait la langue du royaume, elle resta longtemps encore la langue dont on usait à la Cour seulement ainsi que dans les textes officiels. Le français a tant tardé à pénétrer que d’une province à l’autre on ne se comprenait guère : entre la Savoie et le Dauphiné, il y avait un monde.

L’auteur Jean Racine écrivit d’ailleurs à La Fontaine : « Je vous jure que j’ai ici autant besoin d’un interprète qu’un Moscovite en aurait besoin à Paris. Je n’entends pas le français de ce pays et on n’entend pas le mien.» ; il voyageait en Languedoc. Deux siècles plus tard, le pays était toujours dominé par les patois en province. Songez à la Bretagne et à la Savoie au début du XX° siècle ! Certes le français a pénétré dans les villes mais les campagnes restèrent longtemps patoisantes.

“La France, le pays des trois-cent-soixante-cinq fromages” comme le général de Gaulle se plaisait à le dire, est un pays d’une prodigieuse diversité : diversité des opinions, des aspirations, des goûts et des comportements. Tout ça à cause de l’histoire de notre pays, assemblage hétéroclite de peuples et de civilisations, de parlers, de coutumes et de modes de vie. Pourtant une chose avait fini par unir réellement notre pays : la langue commune.

Des générations de maîtres avaient réussi à inculquer la langue parlée : les liaisons, par exemple, nous été enseignées pour que nous évitions à la fois celles qui étaient mal-t-à propos (les fameux pataquès) et les velours (mauvaise  prononciation d’une liaison par addition d’un z : cent-z-étudiants ou donne-moi-z-en sont des velours courants ; l’addition d’un “t” est appelée “cuir : la prononciation pyé t à tèr (pied-à-terre) est un cuir légitimé. La psilose, terme encore plus savant et rare désigne les erreurs consistant à ne pas respecter la disjonction ou le coup de glotte devant un h dit aspiré et donc à marquer une liaison absente, par exemple, des z-Hollandais, des z-handicapés, des z-haies, vingt-Z-euros ; moi, je me souviens surtout de la chasse que donnait notre institutrice de CE2 aux Zaricots.

Cependant avec les euros, nous sommes vernis côté pataquès et hiatus, combien de fois entendons-nous deux cents Heuros ? Ce phénomène, appelé disjonction, est de plus en plus souvent utilisé mal-T-à-propos, il est quelquefois omis, soit par ignorance de l’usage, soit par plaisanterie (la fin des « zaricots »par exemple, ou régulièrement deux cents Teuros, alors que là c’est Zeuros). La disjonction, contrairement à la liaison, nécessite  comme un arrêt de la voix entre deux mots. Un mot qui commence par un h aspiré (ou rarement un mot qui commence par une voyelle, -y, -u) se comporte par rapport au mot qui le précède comme s’il commençait par une consonne.  Ainsi ni l’élision, ni la liaison ne sont possibles : exemples, h aspiré : le haricot, le handicap… On a l’élision et la liaison devant un h muet : exemples : l‘horreur, ils sont Horribles, l’homme, l’humanité, les caractères Humains…

Je chipote, pensez-vous… Certes, en bonne française, comme vous, je suis attentive d’abord aux difficultés matérielles, aux problèmes du quotidien, mais j’ai envie de rester sur des sujets plus immatériels mais qui me semblent cependant importants. “Ma patrie, c’est la langue française.”, disait Albert Camus.

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1 réflexion sur « À propos de… liaisons »

  1. et bien voilà des définitions qui m’ avaient échappé, tout en échappant aux liaisons malvenues.
    C’ est pourtant vrai que notre langue est un trait d( union pour tous les français.
    et la pauvreté du vocabulaire de nos dirigeants et médias est surement un des signes de notre décadence !
    Passe une bonne journée Françoise
    Bisous

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