Semaine de la fancophonie

La semaine de la langue française et de la francophonie se déroule du 14 au 22 mars 2015. Cette semaine permet de célébrer la langue française à travers de nombreuses animations organisées en France et à l’étranger avec un thème, cette année : « le Français, langue hospitalière ». Pour être hospitalière, la France l’est dans bien des domaines et c’est ce qui a fait sa richesse. Avant.

Chaque année, dix mots sont mis à l’honneur et pour l’année scolaire 2014-2015, les dix mots retenus sont : « amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki, zénitude« . Je souris… Quel choix !

Sérendipité est un mot indispensable, n’est-ce pas ?  Sérendipité, un mot que j’ai découvert grâce à mes enfants, aux États-Unis, il y a quelques années ; je l’ai utilisé à plusieurs reprises et pour l’expliquer.

Je vous offre ci après les dix mots choisis pour l’année avec origine et définitions :

AMALGAME : mot probablement d’origine arabe, du latin des alchimistes : amalgama, alliage du mercure et d’autres métaux (qu’il liquéfie). Amalgame de plomb, amalgame d’argent-étain pour les obturations dentaires.

Au figuré, l’amalgame est un mélange hétérogène de personnes ou de choses de nature différente. La population française est devenue un amalgame.

En politique, l’amalgame se pratique couramment, c’est le fait d’englober artificiellement, en exploitant un point commun, diverses formations politiques afin de les discréditer (mais aussi pour garder sa place en rejetant un opposant dérangeant. L’amalgame est quelquefois amoral ou immoral).

BRAVO, mot italien signifiant « excellent » : exclamation dont on se sert pour applaudir, pour approuver. Bravo ! c’est parfait ! Bravo, ce sont aussi les applaudissements, des marques d’approbation. « La salle croule sous les bravos. » comme le dit souvent l’indéboulonnable Julien Lepers mais une chose me chiffonne, je l’ai déjà demandé : pourquoi les candidats s’applaudissent-ils ? avec des réponses que vous pouvez trouver (je proposais entre autres : ils le font parce qu’ils cherchent à faire plaisir au gentil animateur et ils ne savent pas que ça ne se fait pas… (Oui, il y a beaucoup à faire dans l’éducation.)

CIBLER : verbe transitif du premier groupe, du mot cible lexicalisé en 1970 d’origine alémanique suisse qui signifie déterminer, circonscrire en tant que cible, par exemple cibler la clientèle d’un produit, un marché. Faire une campagne électorale ciblée, c’est viser une partie de l’électorat : après les ménagères de cinquante ans, maintenant les abstentionnistes…

Ceci dit le mot cible me rappelle des vers d’ Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre

« Comme je descendais des Fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. »

GRIGRI (qui connait une variante le gris-gris) Utilisé dès 1557, lexicalisé en 1643, mot d’origine inconnue, c’est une amulette (Afrique, Antilles), un petit objet magique, porte-bonheur (ou malheur). Les amulettes sont de plus en plus « tendance » dans une société qui « avance » vers l’obscurantisme et qui cherche à se rassurer, se protéger, en se méfiant des autres.

Savez-vous que Denis Diderot, dans l’Encyclopédie en faisait mention dans l’un de ses articles ? « Les marabouts avec toute leur famille, voyagent de province en province en enseignant les peuples (…) le commerce le plus lucratif pour eux, est celui de vendre des gris-gris, qui sont des bandes de papiers remplis de caractères mystérieux, que le peuple regarde comme des préservatifs contre tous les maux ; ils ont le secret d’échanger ces papiers contre l’or des nègres (…) »

INUIT est un nom et un adjectif, pluriel de Inuk « homme », d’origine « inuite ». Le terme inuit remplace le mot esquimau, officiellement proscrit au Canada car jugé péjoratif ; seul le mot inuit est admis. Esquimau pourrait venir d’un terme algonquin du XVIIe siècle signifiant « mangeur de viande crue mais tout le monde n’est pas d’accord. Gardons donc les Inuits et la langue inuite comme nous cousins québécois.

D’après Wikipedia, au Groenland, le terme « Eskimos » est aussi considéré comme une offense par les Inuits. Les indigènes se désignent comme Groenlandais (en groenlandais : Kalaallit). En Alaska, le terme « Eskimos » est généralement bien accepté. C’est le cas notamment pour les populations yupiks puisqu’elles n’appartiennent pas à l’ethnie inuite et ne veulent pas être assimilés au peuple des Iñupiat. Le droit à la différence, c’est ça aussi.

KERMESSE, du flamand kerkmisse, « messe d’église ». Aux Pays-Bas, en Belgique, dans le nord de la France, fête patronale villageoise, foire annuelle célébrée avec de grandes réjouissances en plein air appelée aussi ducasse.

KITSCH ou Kitch [kitʃ] adjectif invariable et nom masculin, de l’allemand Kitsch (Bavière), de kitschen « rénover, revendre du vieux », se dit d’un style et d’une attitude esthétique caractérisés par l’usage hétéroclite d’éléments démodés ou populaires, considérés comme de mauvais goût par la culture établie et produits par l’économie industrielle. Par extension, d’un mauvais goût baroque et provocant.

SÉRENDIPITÉ, de l’anglais serendipity, créé d’après le titre d’un conte persan : capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité (scientifique, pratique).

WIKI, récent, de 2003, mot anglais américain, abréviation de WikiWikiWeb, nom du site créé par W. Cunningham en 1995, de l’hawaïen wiki wiki « vite ». WIKI est mon ami, c’est un site web collaboratif dont le contenu peut être librement modifié par les visiteurs autorisés. Le développement des wikis.

ZÉNITUDE, mot récent lui aussi, 2000, de zen, d’origine japonaise : état de sérénité. Ah si on pouvait rendre universelle la zénitude et les produits bios ! Un retour à la nature… Je pense une nouvelle fois à Voltaire  qui conclut ainsi « Candide »:

«Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles: car enfin si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château (…), si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.

— Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin»

Finalement, ne pourrait-on dire c’est simple comme le bonheur plutôt que « c’est simple comme bonjour » ?

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3 réflexions sur « Semaine de la fancophonie »

  1. Bonjour Françoise

    Ne voulant pas mettre en doute quoique ce soit mais …. J’ai franchement un doute sur le mot Kermesse en Bretagne c’est courant disons le ça fait parti de notre culture

    Déjà une Kermesse si on le décortique grossièrement
    Ker -> Village
    Messe -> Célébration

    La Kermesse est issue à l’origine des Patronages, ces curés qui s’occupaient de jeunes et d’animations tout le long de l’année et c’est aussi eux qui ont fait connaitre le cinéma itinérant dans de nombreuses villes avant que ceux-ci ne soient installés définitivement.
    Je ne revendique nullement une paternité de la Bretagne mais une définition bien trop simpliste pour la prendre en compte

    J’ai fait de mon côté quelques recherches sur mes documents et ça n’en parle même pas, et du coup je reste sur ma faim avec le désir de gueuler INJUSTICE ^^

    Bonne journée

  2. Elle perdure cette semaine de la francophonie, souhaitons lui bonne continuation, en cette période où on cherche à noyer la France dans la mondialisation et le grand remplacement !
    Hier encore , je voyais des africains du Nord, parler un français, que bien des français sont incapables d’ utiliser !
    étonnant non !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  3. Mon français reste au ras de pâquerette… assez pauvre finalement…; le dictionnaire me rend service parfois…

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