Trop d’eau

(Billet écrit samedi 21 février et oublié) À La Réunion, c’est l’été, il fait chaud mais pas beau. Il pleut beaucoup. Aujourd’hui, il y a classe alors qu’il y a trente ans, février c’était la période des grandes vacances. La météo n’a pas vraiment changé mais le calendrier scolaire, lui, oui. Il faut dire que ceux qui prennent les décisions à ce sujet ne sont pas dans les salles de classe non climatisées, sales et souvent inondées.

Oui aller à l’école à La Réunion en février n’est pas une partie de plaisir. Je ne peux plus raconter ce qui se passe dans une salle de classe, je ne fais que récupérer, de temps en temps, mes petits-enfants à la fin de la journée mais je sais que dans les classes sombres (il faut se protéger du soleil), il fait très chaud. On ne peut guère laisser les nacos ouverts car si l’air peut passer, la pluie aussi.

Naco brise soleil BSBVoilà des nacos, pratiques pour assurer l’aération, la « climatisation naturelle », ils laissent souvent la pluie passer, de même que les voleurs. (Dans les écoles, ce ne sont pas les modèles plus sophistiqués ou les plus adaptés qui ont été choisis et installés).

Je me souviens que dans ma salle de classe, au lycée où je travaillais, les « ailes d’avion » (grandes lamelles de métal) protégeaient (à peu près bien) de la pluie, nous évitaient de recevoir les cailloux des casseurs mais nous privaient totalement de lumière donc il fallait allumer les lampes en plein jour (si l’électricité fonctionnait, ce qui n’était pas toujours le cas). Il faut noter que les bâtiments administratifs sont climatisés, les bureaux : toujours mais les salles de cours : jamais. Ni chauffage ni climatiseurs, au mieux des brasseurs d’air (rares et souvent dangereux). Ah ! l’école à La Réunion fait souvent peur à voir : envahie par les moustiques, les cancrelats et même les rats. Non, non, je ne mens pas. Il suffit d’aller voir quand il n’y a pas de visite officielle prévue. (Je peux donner des adresses à Saint-Denis même.)

Bref, je m’éloigne de mon idée de départ : que d’eau, que d’eau… Trop d’eau !

Le bilan d’une journée très pluvieuse se fait sur des inondations, un réseau routier saturé, des embouteillages et des accidents, des accrochages en cascade à travers toute l’île. Météo France prévient et (assez souvent) le ciel confirme.

Hier, le ciel n’a pas contrarié Météo France, Il est tombé des cordes : plus 106 millimètres de précipitations en 12 heures relevés au Port, 88 à la Possession, 75 mm pour la route du littoral entre le Cap Bernard et la Possession. Normal pour une vraie saison des pluies.

La circulation sur le réseau routier est donc perturbée : le trafic doit être interrompu au niveau de certains échangeurs, ralenti dans les centres-villes où les chaussées sont inondées (pas d’évacuation convenable prévue). Il faut donc de grandes bottes pour sortir car dans certains quartiers, c’est jusqu’à 20 centimètres d’eau dans les rues. Je ne vous parle pas de ce qui se passe dans les maisons et dans les salles de classe en rez-de-chaussée, vous imaginez. Les pompiers ne chôment pas.

Le comble, c’est que même des bateaux « se noient ». Hier dans le port de Saint-Gilles, des bateaux ont pris l’eau suite au débordement de la ravine. C’est habituel.

D’autres frayeurs sont possibles en voiture : les rochers qui tombent, les terrains qui glissent, les ravines qui débordent. Hier, du côté la Possession, un automobiliste a voulu franchir un « radier » en crue, il a échappé au pire : son véhicule a été emporté par les flots, mais lui a pu être secouru in extremis par des riverains.

Ce n’est guère mieux sur les grandes routes. Les accrochages se succèdent sur les chaussées glissantes où les automobilistes roulent trop vite, en particulier sur la route des Tamarins. Sur la Corniche, avec le « canal bichiques », c’est du sur-place surtout quand un camion tombe en panne : hier deux heures et demi pour faire 18 kilomètres.

Comme d’habitude, le basculement de la route du littoral entraîne d’énormes bouchons.

Avis aux usagers du week-end, le scénario devrait se reproduire aujourd’hui puisque la réouverture de l’axe sur ses quatre voies n’est prévue avant demain sauf s’il re-pleut, mais à La Réunion, on connait bien le refrain.

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4 réflexions sur « Trop d’eau »

  1. et bien ce n’ est pas la saison qu’ il faut choisir pour visiter la Réunion !
    et à priori, le phénomène est récurrent !
    Je suis aussi sidéré de lire ce que tu dis des écoles !
    La France veut accueillir toute la misère du monde, mais ne voit pas celle qui sévit chez elle !
    Chez moi, l’ été dernier, et jusqu’ à présent, la pluie est tombée bien plus qu’ à l’ accoutumée, et je suis empêché dans mon potager transformé en bourbier !
    Bonne journée Françoise
    Bisous

  2. Chez moi pas de soucis ça flotte et on a l’habitude
    Presque tout est étudiés pour, sauf les quais de certaines villes quimper, quimperlé
    Ce qu’on aime pas ce sont les rafales de vents qui peuvent faire plus de dégâts
    Coupure de courant, arbres déracinés comme la grosse tempête en 1987
    Ca ressemblait plus à une apocalypse qu’à une tempête
    En règle générale y’a rien de dramatique comparé au sud de la france

  3. J’ai bien l’impression que ces extrêmes climatiques ne sont pas près de disparaître et que partout nous allons devoir y faire face.
    J’habite une région ou les épisodes Cévenols font de terribles ravages et de plus en plus fréquemment.
    Le climat de la planète change de lui même, mais nous avons largement accéléré le mouvement.
    Bonne journée malgré toute cette eau.

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