25 avril

Que s’est-il passé un 25 avril ? Une grande date pour la France, oui je vous assure. Le 25 avril 1792 est vraiment une grande date pour la France. Rouget de Lisle chante la Marseillaise pour la première fois et la première exécution à la guillotine a lieu.

Je commence par le pire. On procède à la décollation de Nicolas-Jacques Pelletier, un voleur de grand chemin qui a frappé un citoyen pour lui extorquer ses assignats. (Les temps ont bien changé, un vol, ce n’est pas si grave. En plus, on ne reconnait pas certains agresseurs.)

L’invention aura ensuite beaucoup de succès : pendant la Grande Terreur, entre 1793 et 1794, environ 17 000 personnes seront raccourcies, étêtées. Que de vies abrégées !

A guillotine.

Ce succès populaire durera jusqu’au 29 juin 1939, date à laquelle les exécutions cesseront d’être publiques (un spectacle gratuit, chic !). La guillotine est devenue une pièce de musée depuis la dernière exécution qui remonte au 10 septembre 1977, et plus encore depuis l’abolition de la peine de mort dans notre pays le 9 octobre 1981.

Alors comment nous est arrivée cette machine qui a eu de nombreux surnoms ? Dans l’argot des rues, la machine c’est le «rasoir national» ou « la Veuve », parfois «charlot» d’après le prénom de plusieurs bourreaux de la famille Sanson (une sorte de dynastie, ces Sanson-là)  et même comme je vous l’avais dit dans un article de 2011 : «L’abbaye de Monte-à-Regret» (clic). Les magistrats préfèrent le délicat euphémisme «bois de justice». Elle est d’abord appelée «louisette» ou «louison» puis des journalistes parlementaires la baptisent «guillotine» et s’attirent les protestations du député Joseph Guillotin, docteur de son état et qui n’est pas (contrairement à ce que croit la majorité d’entre nous) l’inventeur de l’instrument.

Le 1° décembre 1789, Joseph Guillotin suggère à la tribune de l’Assemblée Constituante que soit introduite l’égalité de tous les citoyens devant le juge. C’était bien, non ? L’égalité, la vraie. La justice pour tous ! Il écrit dans son projet de loi : «Les délits du même genre seront punis par le même genre de peine, quels que soient le rang et l’état du coupable. Dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort, le supplice sera le même (décapitation), et l’exécution se fera par un simple mécanisme».

L’Assemblée constituante édicte le 3 juin 1791 que «tout condamné à mort aura la tête tranchée» (article 3 du Code civil de cette année-là) et demande à Antoine Louis, secrétaire perpétuel de l’Académie de chirurgie, ami de Guillotin, de mettre au point la machine à exécuter. (D’Antoine Louis, le concepteur, viennent les premiers surnoms de « louison » ou « louisette »).

Le chirurgien s’inspire de mécanismes déjà bien connus depuis plusieurs siècles comme le prouvent des gravures de la Renaissance. Il reprend une machine d’origine écossaise, surnommée «the Maidden» («la Vierge»), avec un tranchoir qui tombe entre deux montants en bois, sur le cou du condamné. Antoine Louis améliore le mécanisme avec le concours d’un mécanicien allemand, Tobias Schmidt. Il remplace en particulier le couperet en forme de croissant par un couperet en forme de trapèze. L’idée viendrait (parait-il) d’un habile bricoleur, le roi Louis XVI.

La machine assure une mort immédiate et sans souffrance, à la différence de la décapitation à la hache ou à l’épée (réservée aux nobles ; pour le peuple c’était la roue, la pendaison, l’écartèlement…).

Le 25 avril 1792, à Strasbourg, le maire : le baron de Dietrich invite à dîner quelques personnes dont Joseph Rouget de Lisle, officier de son état et violoncelliste à ses heures qui a composé la veille «un beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l’appel de la patrie en danger». D’abord baptisé « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin », le nouvel air recueille un succès fulgurant.

A Marseille, où des volontaires se préparent à se rendre à Paris pour combattre, on leur distribue des feuillets avec les paroles du chant patriotique. Les Marseillais l’apprennent en chemin et l’entonnent en entrant dans la capitale, de là son nom de Marseillaise.

Lors des révolutions de1848, partout en Europe, « La Marseillaise » reçoit une consécration internationale (avant d’être supplantée par « L’Internationale »).

Ceci dit, le baron De Dietrich fut bien mal récompensé : il finit guillotiné quelques mois plus tard. Rouget de Lisle échappa au même sort, en s’enfuyant.

3 réflexions au sujet de « 25 avril »

  1. …la Marseillaise, la guillotine…quelle belle journée anniversaire ! ! ce beau chant est quelque peu controversé de nos jours, et on devrait bien vite oublier cet engin de mort, mais c’est ainsi les deux sont liés par le 25 avril, merci pour ton article , chère Françoise, bonne fin de semaine, bisous

  2. Bonjour Françoise, oups, je reviens plus tard j’ai peu pour ma tête !

    Je viens t’apporter toutes mes meilleures pensées et des

    gouttes de pluie pour rafraichir ce vendredi.

    Je connais une bonne recette et je te l’offre.

    Pour une bonne amitié
    Quelques doses de sincérité
    De beaux échanges sans se bouffer le nez
    Des sourires bien accordés
    Une entre aide loyale et sans cafter
    De la bonne humeur pour ne plus angoisser
    S’écrire sans se blesser
    Les plus faibles les protéger
    Le tout en toute simplicité.
    A chaque contact bien agiter et appliquer.

    Je te souhaite une belle journée et te dis merci
    de faire partie de cette grande famille d’amis dont je n’ai
    jamais douté de la sincérité.

    Lolli

  3. Bonjour
    La marseillaise est un chant bien malheureux…
    Oui, car ce chant appelle à la mort… « qu’un sang impur abreuve nos sillons »
    On voit ce que cela a donné, des milliers de vies raccourcies… etc… etc…
    Là-dessus, bon week-end, à lundi
    Jean

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