Brochettes de poulet à la sauce indienne

J’espère qu’il fait toujours beau chez vous. Alors, à votre barbecue ! Ce n’est pas vraiment de la cuisine mais c’est une idée pour changer un peu.

Brochettes de poulet à la sauce indienne à base de yaourt

Vous pouvez réaliser des variantes au blanc de dinde ou aux magrets dégraissés de canard.

Pour 4 personnes:

– 2 poivrons verts
– 4 filets de poulet
– 16 tomates cerises
– 4 yaourt nature, format traditionnel 125 g, à votre convenance allégé ou non
– 1 cuillère à soupe de paprika
– 1 cuillère à soupe de curry
— 1 cuillère à café de piment en poudre
– 4 cuillères à soupe de’huile
– sel, poivre

Marinade : 2 h au minimum

Préparation : 30 mn

Cuisson : 20 à 25 mn

– Lavez, épépinez, coupez en carrés les poivrons. Lavez les tomates cerises. Coupez le poulet en lanières puis en dés.

– Montez les brochettes en intercalant : poulet, poivron et tomate.

– Prévoyez un plat profond pour y déposer les brochettes sur lesquelles vous verserez la sauce pour une durée de 2 heures au moins, à température ambiante.

– Préparez la sauce en mélangeant dans un saladier :  yaourts, épices, huile, sel, poivre.

– Sortez les brochettes de leur marinade juste avant de faire cuire pendant une vingtaine de minutes en retournant de temps en temps.

A servir idéalement avec du riz aux épices. Vous pouvez aussi servir avec du riz blanc à la créole en servant à côté une sauce faite avec la marinade.

Soyez créatifs ! Bon appétit.

 

 

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Histoire de sou, encore…

En « discutant » avec Geneviève, elle m’a rappelé qu’il existait un livre à mettre entre toutes les mains : « 100 expressions à sauver  » de Bernard Pivot. Comme ledit bouquin était à côté de mon clavier, je l’ai feuilleté pour me rafraîchir la mémoire de plus en plus défaillante. Et voilà que j’ai trouvé une expression parlant de sou. Je vous la transfère ici.

Panier percé (un)

Un panier percé est une personne très dépensière. (Une donc qui lâche facilement ses sous). Se disait plutôt des femmes que des hommes (non, il paraît que ce n’est pas purement misogyne) parce que c’était elles qui faisaient les courses un panier à la main, alors que maintenant elles poussent un caddie (pas toutes !). Le caddie percé n’a pas succédé au panier percé.

« C’est Mme Jasmin, une autre qui la remplaçait, celle-là pas sérieuse pour un sou !.. Un panier percé à vrai dire, terrible pour les dettes ! »
Louis-Ferdinand Céline ; Mort à crédit

Au Québec, le panier percé ne désigne pas une femme qui dépense sans compter, mais une pipelette, une commère, une femme tellement bavarde qu’elle ne peut pas garder un secret.

Hep !

Le panier de la ménagère continue de représenter, à travers les produits de grande consommation, le coût de la vie (en ce moment, il ne cesse d’augmenter ledit panier). Les voitures cellulaires de la police s’appellent toujours des paniers à salade. Le dessus du panier désigne encore les membres éminents d’une société, le gratin. Mettre, jeter au panier est une expression toujours employée. En revanche, mettre la main au panier (aux fesses), mettre tous ses oeufs dans le même panier (prendre le risque de tout miser sur un seul projet), et,  surtout, faire danser l’anse du panier (technique qui consiste pour un employé de maison à majorer les achats qu’il a faits pour son patron*) sont des expressions de moins en moins usitées.

* Imaginez un peu : un employé qui fait valser l’anse du panier et qui profite du sou du franc augmente encore le coût de la vie.

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Connaissance, savoir, culture, vulgarisation…

La vie est courte et la connaissance sans limite.

N’avez-vous jamais peur d’être ignare ?

Moi, si. Vous pouvez vous consoler en vous disant que d’autres sont plus ignorants que vous. Mais moi, la misère de l’autre ne me réconforte jamais. Mon amie Nadine me dit quelquefois : « Malheur des autres ne guérit pas, mais il soulage » (elle dit ça en créole ou, au moins, avec l’accent qui convient et j’avoue que ça me fait du bien… de rire de moi).

Il parait que j’ai toujours le tort de toujours vouloir mieux. Oui, je suis pour l’effort personnel, celui qui aide à se sortir de tout : se sortir de sa peine en travaillant de ses mains pour se fatiguer le corps, et en travaillant de la tête (je n’ai pas dit de devenir fou) pour ne pas penser à ce qui chagrine, pour s’occuper l’esprit. Ma mère et ma grand-mère ont été là avant moi pour me transmettre les douloureuses leçons qu’elles avaient apprises. Je ne m’aventurerai pas aujourd’hui dans la narration de leurs malheurs successifs. Je reste dans mon sujet de l’instant : l’ampleur des connaissances et la brièveté de la vie.

Comment apprendre un maximum en si peu de temps ? Tout savoir, c’est impossible. Juste savoir le maximum. Pourquoi cette faim ou cette soif de savoir ? A quoi bon, me direz-vous, engranger du savoir ? Comme ça… Je ne sais pas. Curiosité. Nécessité d’avoir l’esprit ouvert. Reliefs du siècle des Lumières, de cette époque où l’on rêvait d’une république du mérite , du savoir ? Epoque où l’on était curieux de tout ? Avidité ?

Etre un « honnête homme » selon le sens de l’époque n’empêche nullement d’être honnête au sens actuel du terme. Il paraît que j’ai un problème de rigueur morale trop intense, pour moi encore plus que pour les autres, ce qui est l’inverse du modèle courant où l’habitude de se pardonner prédomine.

Je veux désobéir à Rousseau qui a écrit « Croyez-moi, mère judicieuse, ne faites point de votre fille un honnête homme, comme pour donner un démenti à la nature ; faites-en une honnête femme et soyez sûre qu’elle en vaudra mieux pour elle et pour nous. » Je pense être une honnête femme, il n’empêche que je voudrais être un « honnête homme », (on admirait l’honnête homme mais on se moquait des femmes savantes au XVII°), donc obligée de dire « honnête homme » (de la même manière, certaines sages-femmes sont de sexe masculin). Honnête homme, pas un spécialiste dont les réunions et les réceptions regorgent maintenant, ces connaisseurs, fiers d’eux, imbus de leur science, qui savent tout à propos d’une chose et rien à propos de tout le reste.

L' »honnête homme », celui que j’aime, comme le disait Montaigne a «la tête bien faite plus que bien pleine». Je l’envie, il fréquente divers milieux, domine un vaste champ de connaissances, possède des lumières sur un grand nombre de sujets, mais surtout n’ennuie personne ; au cours d’une conversation, il rencontre des individus inégalement instruits, il ne se pavane pas, il évite une technicité trop grande et la langue de bois dans son discours. Pour avoir de tels rêves, je suis… anormale, asociale, obsolète… Quelle utopiste surtout ! J’essaie de me faire comprendre quand je parle. Ceux qui brillent aujourd’hui pensent qu’en étant incompréhensibles, ils se montrent savants. Comme personne n’ose poser de questions de peur de passer pour un imbécile, ils sont tranquilles, les spécialistes ! La famille Diafoirus est ressuscitée ! Y a-t-il des dupes ? Faut-il chanter Alleluyah ?

Aie le courage de  te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. Emmanuel Kant.

Mais qui ose crier la vérité ?

La masse des connaissances est de plus en plus grande ; impossible de tout savoir, sauf un peu de tout sur tout : est-ce satisfaisant ? Peut-être ? Honnête homme = touche-à-tout. Est-ce mieux de savoir beaucoup sur un seul sujet ? Moi, je réponds : non ! Mais l’horreur est réellement là avec le retour des Diafoirus, des Bouvard et des Pécuchet, qui ne savent pas grand chose et/ou n’ont rien compris sur un seul sujet ? Les méfaits de la vulgarisation…

L’honnête homme doit éviter que son adaptation au milieu ne détruise sa propre nature : il lui faut rester naturel, curieux, empêcher sa personnalité de se « pervertir »… Ménager la chèvre et le chou, disait ma grand-mère plus simplement. Je me  triture sans doute trop la cervelle. J’aurais dû faire l’école du cirque : option Funambule ! Clown-funambule ! Tiens, finalement… Un autre rêve ?

J’ai toujours du mal à rester dans le juste milieu parce que la provocation aide à se faire entendre. Je m’en veux. Je voudrais tellement être pondérée parfois.  L’âge m’aide cependant à devenir sage : essayer de se faire entendre en douceur ou laisser tomber quand on sent qu’il n’y a aucun espoir d’évolution…

Je sais bien que personne n’a le temps de tout savoir et que, dans la pratique, nous sommes contraints de choisir entre tel ou tel domaine de connaissance, de la même façon que l’ on écrit ou que l’on parle : un exposé trop court ou point d’exposé du tout ? Je ne veux pas être l’âne de Buridan : de l’eau ou du son ? Par quoi commencer ? Moi, je me dis « Fonce ; commence par un, tu auras l’autre après ! » Trop gourmande ? Non !

Ca ne marche pas à tous les coups. J’ai quelque chose, au moins une chose. J’assume mon choix. Je ne me plains pas. Tant pis ;  je préfère mourir de faim après avoir choisi de boire plutôt que de mourir de langueur en n’ayant pas choisi entre la soif et la faim.

Quand l’urgence est là en plus… Je pense aux tours du 11 septembre et à ceux qui ont sauté plutôt que… être brûlé(e)(s), écrasé(e)(s), asphyxié (e)(s)… C’est comme ça : choisir . Il faut choisir plutôt que d’attendre passivement. Pour ceux qui me connaissent, vous souvenez-vous de mes cris contre le médecin qui décidait de mon sort, sans moi ? Mais, vous l’avez compris, je suis une révoltée, c’est ce qui m’a sauvée. La Laponie au lieu de l’hôpital à la Réunion !

Abréger est un mal nécessaire. Combien renoncent à lire mes articles trop longs ? Dommage, j’aimerai tant être lue par un grand nombre…

Celui donc qui veut résumer doit essayer de se tirer le mieux possible d’une tâche qui est bien  souvent mauvaise en elle-même. Il faut apprendre à simplifier sans déformer, garder les à-côtés qui nuancent la réalité mais pas trop pour ne pas s’écarter du sujet.

Tâche ardue s’il en est… Restituer la vérité, non pas toute la vérité ce qui est incompatible avec la brièveté, mais restituer la vérité au mieux ; ceci est considérablement « plus meilleur » que les approximations qui sont monnaie courante dans le monde actuel.

L’accès au savoir  et à l’information pour tous ? La question est : quel savoir ? quelle information ?

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